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Innovation en éducation : le pas de coté

Innovation en éducation : le pas de coté

Un grand merci à tous les bénévoles, à Julien Péron, et toute son équipe pour ce beau WE de partage de compétences autour de l’éducation.

De riches réflexions qui apportent de multiples inspirations, et puis il y a les rencontres, les parcours et les chemins de vie. Ces chemins qui amènent à porter un regard sur la vie et qui posent les réflexions. Ces chemins m’intéressent autant que les réflexions ou les idées elles-mêmes : comment ton idée est-elle venue ? Quel est ton parcours ? Nous comprenons mieux les idées lorsque l’on saisit leurs naissances, leurs voyages.
Puis viens le temps de l’échange et du partage, celui qui nous enrichit, enrichit nos idées et les augmente. Nos réflexions ont besoin du partage, de l’entente ou de la controverse pour grandir avec nous.

Quelle innovation pour l’éducation ?

« Quelle innovation pour l’éducation ? » est la question qui m’a été posée. Dans l’exercice, je n’avais la possibilité de proposer qu’une seule idée, une seule innovation. À cet instant, ce qui me sembla important était de témoigner de la richesse des diversités éducatives. Parce que justement, il n’existe aucune formation, aucun type d’éducation qui était « La solution ».

Réduire ainsi la question, sur un sujet complexe, à une seule innovation m’a déstabilisé.

Se former, diversifier, interagir, échanger les pratiques pour finalement se faire sa propre idée et suivre son chemin; éduquer avec notre histoire, nos envies aussi.
Se faire plaisir surtout. Se faire plaisir sur tout. Dans la transmission, accepter que ce que l’on transmet ne semble pas toujours pris et utilisé par l’autre, par l’enfant… Il en reste toujours quelque chose. Laisser vivre son intuition, tester, accueillir, se questionner, faire des erreurs et ECOUTER.

Et puis, « l’innovation » extérieure existe-t-elle ? L’innovation est en chacun nous, peut-être…
Et puis aussi :

« Arrêtons de vouloir. Cessons d’être en attente de résultat. Soyons conscients des problèmes que nous créons aux enfants en n’étant pas réellement à leur écoute. Arrêtons de vouloir. Si je suis en train de vouloir, je ne suis pas à l’écoute de ce qui se passe, je ne suis pas prêt à accueillir ce qui est, mais je suis en attente de ce que je veux. »

Extrait arrêtons de vouloir – Aline de Pétigny

Depuis, cette question, « quelle innovation en éducation ? » est resté là. A boucler dans ma tête. La réponse que j’avais donnée ne faisait pas vraiment sens pour moi. Il manquait quelque chose d’essentiel. Même cette diversité n’était pas le cœur de l’innovation en éducation que je pensais nécessaire. J’étais passé à côté de ce que je ressentais. Et puis, ce matin je lis dans cet interview d’Edgar Morin, « Bien des problèmes importants et même vitaux sont exclus de l’enseignement comme celui des sources d’erreur et d’illusion, la compréhension d’autrui; on ne nous enseigne pas ce qu’est notre identité humaine. »

Une réforme des esprits.

Que se passerait-il si nous positionnons comme préalable à toute instruction la découverte de soi, le développement de la pensée, les interactions, le vivre ensemble, la relation à la nature. Si nous considérions la création, la pratique de la philosophie, les arts, non comme des luxes, comme des matières annexes, mais une nécessité pour faire société, pour changer de paradigme et vivre mieux.
Finalement le savoir-être et le vivre ensemble ne sont-ils pas à la base de l’éducation ? L’innovation serait donc les bases, les fondements. Hors de tout concept, technique ou manière de présenter l’instruction. Hors Montessori, Freinet, Apprentissage des émotions, éducation bienveillante, pédagogie positive, il existe l’écoute, la relation à l’autre, savoir être, réellement, avec l’enfant, vivre ensemble, avec l’enfant, sans domination, il existe ce que nous savons au plus profond de nous, ce que le cœur transmet que l’esprit ne comprend pas.

Adultes, nous passons des heures à tenter d’échanger, de collaborer, à se parler. Que nous sommes nuls ! Quels handicapés faisons-nous ! Regardons-nous, tous des « responsables », maîtres du Monde, politiques, syndicats, entreprises, maîtres d’école, parents dans leur foyer : nous ne savons pas faire !

Pour les Zins, Discipline positive, éducation bienveillante, pour les Zôtres, IEF, CNV, bien être, je vois beaucoup d’interventions pour nous dire « Comment » modifier l’éducation, très peu sur « quoi » changer dans l’éducation. Finalement des changements de forme pour peu de changement de fond. Et aucun changement pour nos enfants qui veulent seulement Zêtres.

Certes, je suis convaincue que la forme est importante, la manière de parler à l’enfant et d’être avec lui est importante, mais comme avec chacun de nos pairs. C’est vrai dans toutes nos relations, pas seulement avec les enfants.

Mais oui il faut y porter une attention particulière, comme pour la femme, les handicapés, les anciens, les réfugiés, toutes ces minorités, qui ne sont mineurs que parce qu’on les place dans des cases trop petites. Comme ces minorités, donc, il reste encore un sacré chemin à parcourir pour prendre l’enfant comme un être humain égal à l’adulte. Et c’est essentiel, car, aujourd’hui encore, l’enfant est pris comme un demi-humain, un sous-humain, au lieu d’être pris comme un super humain : celui (le seul) qui à toutes les capacités en lui au départ. Adulte on a élagué !
Un sacré chemin à parcourir, pour prendre soin de chacun et de chaque chose de la vie et en particulier des enfants.

La forme pour mieux respecter nos enfants est importante, comment je présente mon respect c’est important. Le fond, le « respecter réellement » encore plus. Changer de forme sans changer le fond ne changera rien.
Et tant que l’on a besoin de la forme, c’est une béquille. J’aurais, personnellement besoin de la forme pour changer mon fond, et ce jusqu’à la fin de ma vie. J’espère que les enfants en auront moins besoin.
Si nous ne changeons pas les priorités, réfléchir à ce que nous voulons transmettre à nos enfants, un équilibre entre le fond ou la forme, les bases nécessaires à l’adulte, alors tout changement ne sera que peu de chose, toutes les innovations ne seront que de petites avancés.

« Il y a sclérose et immobilisme qui nécessitent une réforme des esprits autant difficile que nécessaire. »

Edgar Morin

C’est pour cela que je n’ai pas pu répondre à la question « Quelle innovation pour l’éducation ». La création, la pratique de la philosophie, les arts, existent depuis la nuit des temps. Il n’y a aucune innovation, il suffit de ne pas oublier, de ne pas s’oublier. Et c’est ce que nous tentons de faire et de transmettre chaque jour par nos livres depuis 20 ans.

Communication, égo et…  critique.

Communication, égo et… critique.

Chaque controverse, pourvu qu’on l’écoute, nous fait avancer, grandir.
 Il y a peu, je concluais une réflexion* par un indicateur d’arrêt de ma pensée : « si je trouve l’autre stupide, c’est que j’ai arrêté de réfléchir ».

Or voilà qu’un détracteur suscite la controverse chez nous. Certains de vouloir l’ignorer, d’autres d’y répondre par la justification. Revenant de congé, me voici apaisé, et de me dire : “Si je suis totalement en opposition avec la proposition, c’est que je ne l’ai pas comprise”. La remarque semble accusatrice, méprisante voir dénigrante, mais si je ne laisse pas cette impression de coté, si je ne parviens pas à être en accord (peu ou prou) avec, c’est que je ne l’ai pas comprise.

Or, bien souvent, nous recevons mal l’avis de l’autre parce que l’intention que nous avons mise dans nos propos n’est pas celle qui est remarquée par notre pair. Nos propos ne sont pas déformés, ils sont simplement vus sous un regard auquel nous n’avions pas prêté attention.

Voici pour l’exemple :

Alors que nous publions cette image (ci-dessus/gauche), faisant partie d’un ensemble de communication du même genre,  sur l’affirmation de notre catalogue et la volonté d’ancrage de notre ligne éditoriale, nous recevons cette critique :

« j’aime bien le lancement de fleurs … »sur » (lui-même)..l’ego peut-il influencer les actions et les pensées des autres..? chez Pourpenser très certainement, bientôt 20 ans et ils n arrivent toujours pas à avoir une phrase d accroche dénuée d’égocentrisme et de clichés totalement bobo. »

Pour pouvoir écouter une critique,
j’essaye de rendre la “parole juste”.

Parfois, nous nous fâchons, nous n’écoutons pas le fond de ce que la personne souhaite nous dire simplement parce que leur parole est “injuste”. C’est très souvent le cas avec nos enfants où l’utilisation de mots comme “toujours”, “jamais” rendent leurs opinions irrecevables.
 Dans Six accords pour vivre en harmonie, inspiré de The Four Agreements/les 4 accords Toltèques de Don Miguel Ruiz, une des propositions est de rendre la parole juste, elle permet vraiment d’apaiser les tensions. Dans le cas d’une lecture, et d’une lecture de controverse en particulier, c’est au lecteur de faire ce travail : rendre la « parole juste ».

Un deuxième élément important aussi abordé dans le même ouvrage :  ne pas en faire une affaire personnelle. Lorsque mon enfant me dit : “tu es méchant”, et si je sais, si je fais et si je me montre au quotidien à l’inverse, je sais que c’est son propre ressenti, a cet instant, ce n’est pas ce que je suis. Mon intention n’est pas celle que mon enfant me prête. Je peux alors me questionner, “tiens qu’est-ce qui fait qu’il me trouve méchant ?”.

Six accords pour vivre en

Ayant relu la critique avec ce regard nouveau, me voilà serein et en harmonie pour trouver deux points qui suscitent mon intérêt et l’envie de les prendre en compte et de vous écrire.

L’ego peut-il influer les actions et les pensées des autres ? 

L’égo est très souvent au cœur de nos échanges et discussions. Au printemps dernier Albert  est passé à une webTV autour de l’édition indépendante non sans débats. En effet, Albert mettait en avant le fait que mis à part flatter son ego, il ne voyait pas l’intérêt de passer dans ces émissions. Nous vous laissons juge. Nous savons aussi que cette même pensée freine régulièrement nos auteur.e.se pour faire leurs propres mises en avant..

Dans le même temps en tant qu’éditeur jeunesse, nous tombons régulièrement sous les coups des préjugés réducteurs, de médisances littéraires, d’image d’un contenu perçu par défaut comme superficiel et moins important. Préjugés largement battus en brèche par les témoignages des personnes ceux qui lisent nos ouvrages, ceux qui rentrent dans leurs contenus philosophiques. Chacun de se rendre compte de la différence, de la richesse de ce que nous portons.
 Si nous souhaitons cette différence, et cette richesse de contenu, nous nous en rendons réellement compte que par les témoignages. Vos témoignages sont notre seule manière de nous repérer et savoir la qualité de ce que nous proposons. Après 20 ans d’existence, nous commençons à recevoir les témoignages des premiers parents qui ont grandi en lisant nos contes. A chacun de ces retours, nous sommes rassurés de la qualité de ce que nous proposons au catalogue.

Accueillir, recevoir et enfin partager la gratitude de l’autre, est-ce là encore de l’égo ? Oui peut-être que quelque part dans les propos présents notre égo ressort encore.
Regardons :
Il est bon de se rappeler que l’objectif de Pourpenser n’est pas de faire des livres. Ça c’est un moyen. L’objectif est de transmettre. Nous savons comment les actes sont durs à mettre en œuvres, comment le chemin de la cohérence est difficile. Nous co-errons sur ce chemin sans bien savoir où il nous emmènera (à l’instar de cet article ;-). Partager notre volonté de rester sur ce chemin est une part de notre transmission.

Nous ne savons pas si notre ego influe sur les actions et les pensées des autres, en revanche nous avons bien conscience que les actions et pensées des autres ont une influence sur notre égo. Et nous devons en être vigilants.
 Combien il est important face au regard admiratif de nos enfants, de leur montrer que nous n’avons aucune cape rouge, que nous faisons des erreurs, que nous n’avons pas de vérité, mais que nous faisons des choix. “Je suis comme toi, avec un peu plus d’expérience, de formation, etc, sur ce domaine, c’est tout.” “Je suis comme toi, sauf que dans ce domaine m’intéresse et j’y consacre beaucoup de temps”.

Dans la campagne de communication qui nous occupe, chacune des phrases est reprise de lecteurs-rices, croisés sur nos chemins. Lorsque nous recevons ces témoignages, cela nous fait un bien fou et nous redonnent confiance en nous, en ce que nous réalisons et portons au quotidien. Évidemment, là où commence la confiance en soi, la fierté est présente. Je pense que nous sommes fiers de ce que nous portons. Pour autant, cette fierté est bien loin de l’orgueil : nous sommes conscients du ridicule de ce que nous sommes et de ce que nous portons. Et nous pensons que c’est lorsque l’orgueil arrive que l’égocentrisme commence.

Le dragon qui se regardait le nombril

C’est un sujet humain, intergénérationnel, intemporel, un excellent sujet de philosophie que nous trouvons brillamment abordé dans le dragon qui se regardait le nombril

La conscience de soi, la confiance en soi, l’affirmation de soi, l’estime de soi et … l’ego.

Nous ne pensons pas que l’ego peut influer sur les actions et les pensées des autres, mais l’affirmation de soi oui. Nous le voyons au quotidien dans toutes les dimensions, tous les secteurs, et l’ensemble des sujets. L’affirmation de ce que nous sommes est comme un ancrage : une bouée qui dis je suis là. Le bateau peut s’y repérer. Chaque personne qui s’affirme est une bouée pour l’autre.

Dans le même temps, Pourpenser est une société commerciale. Dans le sens où pour continuer notre action nous recevons notre moyen de subsistance par des finances : il nous faut vendre et donc nous faire connaître. Où plutôt, faire connaître le contenu de nos livres, de notre catalogue. Nous souhaitons (ré)affirmer notre catalogue, le (re)mettre en valeur, sous les projecteurs et lui donner du brillant.
 A l’instar qu’il est nécessaire pour Albert que nous le poussions à aller témoigner sur une webTV, que les auteur.e.s ont besoin de nous pour être mis en avant, c’est notre rôle d’affirmer et d’ancrer le projet Pourpenser. Dans 5, 10 ans plusieurs d’entre nous ne seront plus présents au sein de la maison, le projet lui, nous le souhaitons, continuera.
Il n’y a, dans notre vision, aucun ego dans ce que nous promouvons, affirmons. Et nous pensons, et espérons, que ce que nous promouvons et affirmons peut avoir une influence dans les pensées et les actions des autres.

Pourpenser n’arrive pas à avoir une phrase d’accroche.

C’est tellement vrai ! Nous ne savons pas présenter simplement et rapidement le projet de la maison d’édition. Notre fonctionnement est aussi flou pour nous que pour les autres : nous savons le vivre, mais pas le décrire. Nous savons faire vivre le projet Pourpenser pas l’expliquer.

Entre nous de longs échanges sur ce sujet. Nous n’arrivons pas à nous faire accompagner. Nous avons tenté l’aide de plusieurs entreprises de communication, la dernière réflexion en date fut au printemps de cette année 2021.
 Nous avons l’impression qu’une part de nous s’étiolerait dans ces mises en mots “communicantes” de ces entreprises “professionnelles”. Que nous perdrions une partie de notre âme.

Des mises en mots, nous en avons pleins : par les auteur.e.s, par les retours des lecteurs, pleins de mises en mots de communications. Alors, notre communication part dans tous les sens, et finalement nous ressemble. Une communication qui nous suit suivant nos aléas de la vie, là où se porte notre attention, suivant les réflexions, quitte à ce que le message global, celui que porte le projet de la maison d’édition ne soit pas clair.

Car comment un autre que nous pourrait-il mieux que nous mettre en mot ce qu’est le projet Pourpenser ? Comment pourrait-il mieux que nous communiquer ? Pourquoi s’enfermer dans une phrase, une sélection de communication ? Et puis nous n’en voulons justement pas de ces phrases, de ces slogans qui nous sembleraient égocentriques ?

– « Tiens, y aurait-il un peu d’orgueil dans ce positionnement et ces questionnements ? Peut-être même de l’égo mal placé ? »

Ainsi le détracteur à notre communication aurait-il réussi à pointer un problème d’égo dans notre difficulté à nous faire accompagner dans une communication que nous ne voulons justement pas égocentrique. Hum, cela mériterait sans doute un autre billet complet sur le sujet ! 

L’orgueil n’est jamais loin, merci pour votre vigilance.

(*Voir l’article sur : sur ce que nous souhaitons transmettre à nos enfants mais que nous ne savions pas appliquer pour nous même)

Liberté, éducation et démocratie

Liberté, éducation et démocratie

 Une éducation lente, créative et humaniste.

Parfois, il est des réflexions, des mots qui nous viennent… personnels. Est-ce bien le lieu, ici, pour les partager ? Peut-être bien. Une pensée philosophique sur l’éducation, la liberté, la démocratie, sur un sujet d’actualité qui concerne les enfants. Sûrement…

Je fais une pause et j'admire

« Une éducation, lente, créative et humaniste ». J’ai été inspiré par ces mots lus sur le blog d’Eve Herrmann qui parle de l’instruction en famille (IEF). Je vous invite à le lire en complément ou en introduction de ce mot. 

Oui, l’éducation, l’instruction, si nous souhaitons les réaliser en paix, en douceur et en harmonie, cela prend du temps. Beaucoup de temps.
Cela nécessite d’y revenir chaque jour, d’observer, et d’avoir confiance. En soi, mais surtout en nos enfants. 

Je ne pratique pas l’IEF, et pourtant j’en suis un fervent défenseur. Je n’ai pas fait le choix de l’instruction en famille car l’école de mes enfants me convient bien. Je les vois épanouis et rieurs le soir. D’un autre côté, je souhaite pouvoir partager mon temps entre mes enfants, la maison d’édition, mes autres aspirations personnelles. Pour accompagner mes enfants dans les apprentissages fondamentaux, il me faudrait remettre en question nombre de choix. 

Ainsi, j’ai choisi de mettre mes enfants à l’école. Et j’apprécie ce choix. J’apprécie aussi de savoir que, si un jour mon enfant se sent mal, qu’il est persécuté, ou tout simplement qu’il veuille prendre un autre chemin, je peux le reprendre auprès de moi et l’accompagner avec douceur. Que mon enfant puisse suivre une voie différente est pour moi fondamental.

Car nos enfants ne sont pas nos enfants

« Et une femme qui portait un enfant dans les bras dit,
Parlez-nous des Enfants.
Et il dit : Vos enfants ne sont pas vos enfants.
Ils sont les fils et les filles de l’appel de la Vie à elle-même,
Ils viennent à travers vous mais non de vous.
Et bien qu’ils soient avec vous, ils ne vous appartiennent pas.
Vous pouvez leur donner votre amour mais non point vos pensées,
Car ils ont leurs propres pensées.
Vous pouvez accueillir leurs corps mais pas leurs âmes,
Car leurs âmes habitent la maison de demain, que vous ne pouvez visiter,
pas même dans vos rêves.
Vous pouvez vous efforcer d’être comme eux,
mais ne tentez pas de les faire comme vous.
Car la vie ne va pas en arrière, ni ne s’attarde avec hier.

Vous êtes les arcs par qui vos enfants, comme des flèches vivantes, sont projetés.
L’Archer voit le but sur le chemin de l’infini, et Il vous tend de Sa puissance
pour que Ses flèches puissent voler vite et loin.
Que votre tension par la main de l’Archer soit pour la joie;
Car de même qu’Il aime la flèche qui vole, Il aime l’arc qui est stable. « 

 
Kalhil Gibran extrait du prophète

 

Aussi, comme pour Eve, les propos de M. Macron à propos de l’IEF, m’ont vraiment heurté. 

Pas plus qu’à nous, nos enfants n’appartiennent pas à l’État.

L’IEF permet la protection de l’enfant, elle est notre barrière, notre dernier recours de protection de nos enfants. Nous devons la défendre. 

Le discours de ce responsable de l’État, me révolte à plusieurs niveaux :

Tout d’abord, les amalgames. Nous avons beau savoir, connaître les discours politiques, il faut toujours les regarder, les décrypter et les dénoncer.
M. Macron trouve sa loi aussi importante que celles mises en avant par M. Jules Ferry, en toute simplicité. Sauf qu’en 1882, l’école s’ouvrait à tous en devenant gratuite. Et en 1969, nous parlions de la fin de la discrimination en introduisant la mixité. Des lois qui s’appliquaient à l’ensemble de la population, avec des impacts sociéto-éducatifs profonds. Deux lois pour une volonté d’égalité des chances, pour une majorité d’enfants.
La loi proposée ici agit contre une minorité ne respectant pas les lois.
En 1882, Jules Ferry souhaitait une meilleure instruction pour les enfants. En 2020, M. Macron combat la radicalisation religieuse en sapant l’instruction de qualité proposée par tous les autres parents. En 1969, refus de la discrimination de genre, en 2020 stigmatisation et amalgame de l’IEF et de la radicalité religieuse.
Si les lois de 1882 et 1969 font bien partie du Ministère de l’Education Nationale, la loi imposée par M. Macron semble plutôt se rapporter de l’ordre du Ministère de l’Intérieur. Et lorsque l’Intérieur commence à s’occuper de l’éducation de nos jeunes, cela devient préoccupant.  

Ensuite, ce discours politique utilise le levier bien connu de la peur. Il y a danger ! Il faut agir vite ! C’est juste comme une fin de non recevoir. L’IEF serait responsable de la radicalisation ? Il y a 20 ans, je me souviens d’une émission sur ces écoles religieuses obscurantistes. A moins de remettre en cause aussi l’école privée, ces écoles, montrées en exemple, ne seront pas supprimées avec l’IEF, bien au contraire. Cette présentation est pour moi, tout simplement, une contrevérité. 

Le ton, encore, est inaudible. Peut-on parler de démocratie lorsqu’une personne a le pouvoir de décider et de mettre en application une loi (en ayant longuement discuté avec ses ministres) éducative ? Non. 
L’utilisation des prérogatives pour l’état d’urgence sanitaire et terroriste pour modifier des lois éducatives, sociétales et environnementales, des lois qui ne dépendent, a priori pas de l’Intérieur, est une fourberie. 

La manipulation des chiffres enfin, exercice que nous connaissons bien. Car au delà du fond, les chiffres d’augmentation dépendent directement des lois de 2019 et du passage de l’instruction obligatoire des enfants de 3 à 6 ans. Alors oui, avec 3 années supplémentaires rentrant dans les statistiques, on passe de 38 000 enfants en 2018 à 50 000 en 2020. C’est mathématique.
Quand bien même, c’est une réalité, l’instruction en famille est en forte augmentation. Et il faut « regarder la vérité en face », l’école n’a pas encore pris le virage sociétal nécessaire pour accueillir les enfants d’aujourd’hui. Aussi, lorsque l’Etat est défaillant, le privé prend le dessus. Toutes les familles que nous rencontrons, en salons, au festival pour l’école de la vie, sont très impliquées dans l’éducation bienveillante et humaniste de leurs enfants. Les enfants que je rencontre sont éveillés, terriblement instruits, avec une conscience de la société très grande. Des enfants recevant une instruction lente, créative et humaniste. Une instruction de qualité que l’école est actuellement très loin de vouloir donner.

Je rencontre certaines situations, où, je sais que, si ma propre école ressemblait simplement au quart de ce qui m’est présenté, je prendrais mes enfants en IEF. 
Je n’ai pas les chiffres des choix des parents pour l’IEF, je n’ai pas trouvé de sondage pour connaître leurs choix. Mais, avec mes multiples rencontres, je sais que, si l’école que nous proposions à nos enfants était d’actualité, avec des moyens appropriés, adaptés, une véritable école, alors l’IEF serait en décroissance. Une véritable éducation lente, créative et humaniste. 

Les seuls propos avec lesquels je suis en accord avec M. Macron est cette réalité d’enfants manipulés, endoctrinés qu’il faut combattre. Nous ne pouvons pas laisser faire cela sans agir.
Notez que je n’emploie pas le terme de « hors système » pour ces enfants. Car que fait l’Etat pour les enfants en déficience, les surdoués, ou simplement malheureux du système qui est proposé ? Ils sont nombreux les « hors système ». Ils sont toutes nos différences non prises en compte. Il ne s’agit donc pas d’annihiler nos différences, mais bien d’élargir le système. Ce que permet l’IEF. CQFD. 

Oui il faut combattre les personnes qui utilisent les possibles tels que l’IEF pour manipuler, endoctriner les enfants, de la même force que ceux qui utilisent les lois et les prérogatives à d’autres fins que celles prévues. 

Dominique Demaegdt

Quelques lectures, quelques livres pour vous et vos enfants sur la démocratie, la liberté, le sens des mots…

En quelques mots

En quelques mots… Livre au format .PDF gratuit et librement diffusable. 
Editions Pourpenser. 

Ce livre est pour toi, pour vous, une proposition pour redéfinir avec vous le sens de certains mots. Livre particulièrement adapté aux enseignants et accompagnants.

Vivre libre

Vivre libre, un enfant et la fée échangent et questionnent le thème à travers le lâcher prise, l’intuition, le bien être, l’équilibre, le rire, l’énergie…
Mots  clés  :    #liberté  #bonheur  #chimère  

 

Les mésanges de la grande marche

Les mésanges de la grande marche : Cette année, le président Mao a ordonné de tuer tous les moineaux… Est-ce qu’un enfant amoureux des oiseaux pourra arrêter la grande marche du progrès ? 
Mots clés : #Vivre ensemble, #environnement, #société, #environnement, #mao, #politique, #dictature

L'oiseau, l'enfant et le chat

L’oiseau, l’enfant et le chat, un magnifique album sur la liberté, que se passe-t-il lorsqu’un autre décide pour soi, même pour son bien… 

Protéger l’oiseau du chat ou bien le laisser libre, avec tous les dangers que cela comporte ?

Mots clés : #Liberté, #vivre ensemble, #amour, #amitié, , , #les peurs, #entre-aide, #l’écoute…

Un pacte d’amour à passer avec son enfant :

Je t’aime, 
Tu es mon enfant, mais tu n’es pas à moi, tu es un être libre. 
Je t’aime, 
Et je m’engage à construire notre relation sur l’amour et la compréhension mutuelle. 
Je t’aime, 
Et je souhaite t’aider à construire ta vie dans le respect de toi même et des autres.
Je t’aime, 
Et je te promets de t’accompagner sur ton chemin aussi longtemps que tu le désireras. 
Je t’aime, 
Et j’ai confiance dans ta capacité à t’épanouir, proche ou loin de moi. 
Je t’aime, 
Et je serai toujours là pour toi, mais je ne m’imposerai pas à toi. 
Je t’aime, 
Et te voir grandir me remplit de bonheur. 
Je t’aime, 
Et quels que soient tes choix, je les fêterai avec toi. 
Je t’aime, 
Et ton bonheur rejaillira sur moi. 
Je t’aime, 
Et quand tu voleras de tes propres ailes, tu ne me manqueras pas, car notre lien est amour. 
Je t’aime. 

Aline de Pétigny. 
Extrait de Pactes d’amour – collection Paroles de fées. 

Editions pour penser à l’endroit – www.pourpenser.fr
Un livre pour aider l’enfant à gérer ses émotions…

Un livre pour aider l’enfant à gérer ses émotions…

Dans le palmarès des questions reçues il en est une qui retient tout particulièrement notre attention :

« Avez-vous un livre pour aider
mon enfant à gérer ses émotions ? »


Si dans cette question il s’agit de comprendre, appréhender, accompagner, accueillir, vivre, inclure, sentir et ressentir vos émotions et celles de vos enfants pour aller au cœur de vous-même et échanger sans préjuger, alors OUI ! Nous avons plein de livres et jeux à vous proposer sur les émotions. Cette prise en considération de l’émotion apporte du lien, de la joie, une meilleure compréhension de soi et contribue au développement personnel.


Mais si il s’agit de gérer, administrer, diriger, gouverner, régir, tenir, conduire, guider, manier, régenter vos émotions ou celles de vos enfants, dans l’objectif qu’elles ne dérangent plus, alors NON nous n’avons aucun livre et ne souhaitons proposer aucun livre sur le sujet. Faire exprimer une émotion à un enfant dans le but de la contrôler renforce la frustration, la perte de confiance, terni la joie et renforce le lien hiérarchique.


Oui, les émotions exprimées avec trop de vigueur peuvent nous déranger. Que ce soit la colère, la tristesse, la peur… Ceci étant, une joie exprimée avec trop d’emphase peut aussi perturber. Trop d’enfants joyeux sont repris par un : « calme-toi ! ».


Nous aimerions que notre enfant parvienne à réaliser ce que nous ne parvenons pas toujours à faire. Nous souhaitons une bonne gestion, un bon contrôle de l’émotion, et surtout qu’elle ne perturbe pas l’extérieur.
Mais l’émotion ne se gère pas, ne se contrôle pas. L’émotion est un message, une demande qui attend une réponse.
On pourrait voir l’émotion comme un simple moyen de communication ; et tant que la communication ne s’établit pas, l’émotion crie plus fort. Ainsi, pour apaiser une émotion, il suffit simplement lui répondre : « ok, je t’entend »



Tout compte fait, accompagner les émotions des enfants est plutôt simple. Plus compliqué est la compréhension et l’écoute de nos propres émotions face aux émotions de l’enfant. Car finalement :


– Une colère a besoin d’être accueillie
– Une peur a besoin d’être rassurée
– Une tristesse a besoin d’être consolée
– Une joie d’être vécue.


C’est tout.


Ainsi une colère qui a pris le contrôle d’un enfant, peut être accueillie par un câlin par exemple. Une joie intense exprimée à grands cris peut être vécue par nous-même en communion.


Et c’est cela que nous souhaitons transmettre à travers nos livres et jeux.


Comment accompagner et aider mon enfant à grandir avec ses émotions.


Nous vous présentons quelques titres :


Pour les plus jeunes, la collection les amis de Martin et Zoé d’Aline de Pétigny.



Vous découvrirez que pour faire disparaître sa colère, petit chat commence par respirer, puis sourire à ses colères. L’idée est de les accueillir entières avec bienveillance.
Lorsque petit loup murmure « Peur à la noix, je n’ai pas besoin de toi ! » il se rassure. Et pépé manchot se console grâce au jolie papier rose. La collection aborde de la même façon les soucis, la rancœur, la jalousie.

Pof et zou de Coralie Saudo, illustré par Mélanie Fuentes.
Poz et Zou sont deux compagnes de Zia…


Zia a des sauts d’humeur, parfois quand tout va bien, en l’espace d’un instant, POF ! Elle devient triste, grincheuse ou colérique. Et sans savoir pourquoi, ZOU son sourire réapparaît d’un seul coup. Quel est ce bidule orange précieux dont il faut prendre soin ?

Ombre, un album signé Galou, nous parle des peurs, celles qui bloquent. Ombre a peur du noir. On va la suivre et découvrir la joie une foie sa peur rassurée.



Dans Tout est possible, le guide de magie personnelle à la suite du conte, met un peu de lumière sur les émotions moins agréables à vivre. On apprend à différencier la peur et la vigilance, que nous ne sommes pas notre colère, à laisser la tristesse exister pour mieux la laisser s’envoler, que la jalousie est une forme de peur, que la rancœur peut se recycler en légèreté….


Pour nous adulte, pour comprendre, appréhender, accompagner nos émotions et celles de nos enfants, les incontournables 2 tomes Emotions, enquête et mode d’emploi d’Art-mella. Ces livres, sous forme de bande dessinée, peuvent se lire en lecture partagée dès l’âge de 7, 8 ans.



Et puis nous avons 2 jeux formidables :


   


Le jeu Emotions monstres qui en plus de donner une précision de vocabulaire d’émotions, permet de mettre en scène 1001 situations pour décrypter l’émotion, le besoin et la réponse.



Le jeu Tout est possible apporte des outils corporels de réponse à l’émotion. Pour faire évaporer la colère ou passer une nuits paisible, découvrez ce que vous pouvez faire avec les mains, les pieds, le souffle, le cœur, la tête, une formule magique…


Et tout cela dans le plaisir, le partage. Car là est l’essentiel. Si de nombreux enseignants et thérapeutes utilisent les ouvrages de notre catalogue, ils n’ont pas été intentionnellement créés pour être des outils.


Ce sont avant tout des livres pour partager, vivre et ressentir du plaisir, des jeux pour s’amuser, se divertir, créer du lien. C’est dans cette joie, et accompagnés de toutes vos créations, vos transformations, à votre manière, que nos livres et jeux parleront le mieux à vous et vos enfants !


Alors profitez !

Editions pour penser à l’endroit – www.pourpenser.fr
Thème : Overlay par Kaira. Hébergement Yunohost
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