Catégorie : économie du livre

Écologie du livre : votre point de vue de lecteurs et lectrices.

Écologie du livre : votre point de vue de lecteurs et lectrices.

Illustration : Joëlle Stauffacher – Extrait de Charlie et Belinda

Comme nous le rappelions dans un récent billet, la question des impacts écologiques et sociaux de notre activité fait intégralement partie de notre projet de maison d’édition.

Nous relayons aujourd’hui l’initiative d’un groupe de travail initié par Normandie Livre & Lecture (N2L) et qui appelle les lecteurs et lectrices à faire part de leurs habitudes et de leurs souhaits en matière d’achat et d’emprunt de livres.

Pour en savoir plus sur cette initiative.

Vous avez jusqu’au 3 mai pour répondre et inviter vos proches à participer à cette enquête.

Rentrée littéraire, rentrée scolaire… pendant ce temps nous préparons l’AMEL 2014 !

Rentrée littéraire, rentrée scolaire… pendant ce temps nous préparons l’AMEL 2014 !

Alors que les rentrées littéraire et scolaire battent leur plein et que nous préparons l’AMEL 2014 (Abonnement pour le Maintien d’une Edition Libre), quelques questions pertinentes nous sont parvenues, notamment sur la spécificité de l’AMEL par rapport à d’autres types d’abonnements que nous proposons depuis quelques semaines.

Dominique qui vous répond lorsque vous posez une question depuis le site a rédigé le mot suivant.

Bonne lecture !

Albert –


L’AMEL : un concept d’abonnement pour l’édition libre.

Aux éditions Pourpenser, nous ne voulons pas de financement qui pourrait avoir une influence sur nos choix éditoriaux. Ceux-ci ne sont pas objectifs, nous éditons ce que nous aimons, ce qui nous touche. Ainsi, nous sommes amenés à éditer, et rémunérer les auteurs d’oeuvres pas du tout rentables, mais que nous souhaitons vraiment proposer. Je pense à des livres comme « Le pays de Papa« , “La chaise vide« … Nous sommes vraiment fiers de pouvoir les proposer, mais financièrement parlant, ces titres nous coûtent chaque année.

2012 fut une année très difficile pour les Editions. En mai 2012, nous en avons appelé à nos lecteurs qui nous ont suivis massivement.

Les Editions se sont maintenues, mais il nous était très difficile de voir tous ces beaux projets que nous ne pouvions pas éditer ! Que faire ?

Nous étions émerveillés de voir à quel point nos lecteurs nous soutenaient, nous faisaient confiance. C’est sur cette idée de confiance qu’est né l’AMEL. Un abonnement où le lecteur sait qu’il ne sera pas déçu car il a pleinement confiance en nous… car qui d’autre peut s’abonner à des projets parfois non finalisés ? 



Grâce à l’AMEL, ce sont 10 titres que nous avons pu financer cette année. Et comme notre maison a à cœur de faire vivre les auteurs, nous ne payons pas les droits d’auteurs à la vente du livre, mais en totalité à l’impression.

L’AMEL a aussi permis de rémunérer les auteurs. La chaîne du livre commence par les auteurs… N’oubliez pas cela, c’est essentiel. Nous recevons énormément de soutiens et félicitations, mais nous ne faisons rien de plus que de présenter des créations. Lorsque vous avez un livre que vous aimez dans les mains, et qui vous touche, c’est à l’auteur que vous le devez !
Une petite précision : même si nous l’imaginons plein d’avenir et que nous envisageons un « portail des AMEL » avec d’autres éditeurs, l’AMEL est aujourd’hui notre abonnement, géré par nous-mêmes. En vous abonnant, vous nous aidez à maintenir NOTRE édition libre. Ce n’est pas un label, ni une certification, vous l’aurez compris : votre « garantie » ne s’appuie que sur la confiance que vous nous accordez.

Nous faire connaître


L’AMEL tient essentiellement par le réseau de ceux qui nous connaissent… Et nous avons besoin de nous faire connaître beaucoup plus.

En parallèle, toujours dans notre souci de cohérence et pour nous rapprocher de nos lecteurs, nous avons décidé de quitter Amazon. Nous sommes heureux de ce choix, même s’il nous coûte 20% des ventes « en librairie ».





Nous avions essayé pour Noël 2012 un abonnement aux Paroles de fée. Fort de son succès, sachant qu’enseignants et thérapeutes travaillent avec nos livres, nous pensons que des abonnements accompagnant l’enfant tout au long de sa scolarité auraient tout leur sens. Ainsi sont nés en juin 2013, les abonnements Mini graine (maternelles-CP), Petit germe (CE1-CE2) et Jeune pousse (CM1-CM2).

Bien sûr, ils ressemblent aux abonnements du type « École des Loisirs » ; nous trouvons que nous proposons une belle complémentarité.

Nous pensons que ces abonnements seront pour nous un beau moyen de nous faire connaître et de nous développer, car Aline et Albert qui sillonnent la France toute l’année, pour être présents sur les salons et foires depuis 10 ans, ne savent pas faire mieux pour faire connaître notre petite maison.



Nous ne proposons pas dans ces abonnements une édition particulière : ce sont les livres que nous avons disponibles. Oui, les frais de port ajoutent un coût supplémentaire au fait de les acheter en une seule fois, mais à la fois :
-> Nous faisons un petit cadeau pour chaque abonnement,
-> Nous avons conçu les abonnements en tenant compte de la progression de l’enfant tout au long de l’année.
-> L’enfant est heureux de recevoir régulièrement un livre pour lui dans la boite aux lettres


Les finances de la maison


Pourquoi j’aborde ce thème ici ? Simplement parce qu’il nous a été remonté par des lecteurs :

– « Est-ce que l’AMEL sert bien à financer des créations plutôt qu’enrichir la maison ? »
– « Avec toutes ces nouveautés, ce que vous faites en ce moment, cela doit aller vraiment bien maintenant ? »
– « Les abonnements écoles, c’est comme pour l’Ecole des Loisirs, ça rapporte beaucoup ! »

Un an après la situation critique de l’été 2012, petit état des lieux : la trésorerie est toujours aussi tendue… Une impression d’en être au même point… sauf que…

Sauf que la situation n’a rien à voir ! 😉

-> Cette année, 10 nouveaux projets sortent, et nous avons pu ré-éditer plusieurs livres en rupture !
-> Dominique (c’est moi) et Serge ont rejoint la maison, Aline et Albert peuvent consacrer plus de temps à leur métier d’éditeur et la mise en place des milles idées par jour !
-> Nous nous sentons plus que jamais soutenus par nos lecteurs, et voyons l’avenir sereinement en nous projetant déjà dans l’AMEL 2014 !

En bref, même si ce n’est pas simple financièrement, la maison est dans une dynamique très positive.

Oui, nous avons besoin d’argent pour vivre et donc de vendre les créations que nous choisissons. Mais aucun de nous, Serge, moi-même, et encore plus pour Aline et Albert ne ferons des choses pour  » juste faire de l’argent », nous préférerions tous tout arrêter plutôt que de faire cela.

C’est vrai, la maison d’édition pourrait s’arrêter un jour faute de financement. Mais nous sommes convaincus que nous avons réussi notre challenge depuis 10 ans, et nous sommes convaincus de pouvoir le réussir encore au moins 10 ans de plus !

Nos deux forces sont :
– De savoir exactement ce que nous voulons faire et ce que nous ne voulons pas faire,
– De constater que ce que nous proposons vous plaît et que vous y adhérez.


L’enjeu

Savez-vous où est l’enjeu ? Je veux dire, notre enjeu ?

Notre enjeu est d’être là en 2014, 2015, 2016… pour sortir, éditer, ce que nous trouvons être des merveilles… Et pour ma part, j’ai vu de magnifiques pépites qui m’ont mis les larmes aux yeux.

Nous savons que ces perles ne sortiront pas si nous n’existons plus. Il est là l’enjeu : faire découvrir et naître ces magnifiques projets. Nous ne pourrons éditer ces perles si nous ne faisons pas un nouvel AMEL en 2014 et si les lecteurs ne nous soutiennent pas.

L’argent, nous en avons besoin, mais cela est loin d’être notre moteur premier, c’est juste un outil. Même si, c’est vrai, Aline aimerait bien en avoir un peu plus pour changer son frigo… 😉

J’espère, par ces quelques lignes, avoir donné un nouvel aperçu de ce que nous faisons et comment nous voulons le faire.

N’hésitez pas à réagir, nous questionner, à être critique. Cela sera avec un immense plaisir que nous vous répondrons.

Dominique

Editions pour penser à l’endroit – www.pourpenser.fr
Pourquoi nous avons quitté Amazon

Pourquoi nous avons quitté Amazon

Crédit photo : Gwaar, photographe japonais (gwaar/Flickr/CC).

Il y a quelques années, lorsque nous assurions nous-mêmes la diffusion et distribution de nos livres, Amazon nous avait approchés avec son programme « avantages ». Un programme où le site de vente en ligne reverse royalement aux petits éditeurs 50% du prix du livre deux mois après avoir encaissé les 100% de la part des clients internautes.

Face à de telles conditions, nous avions préféré décliner l’offre (avec quel argent croyez-vous qu’Amazon “offre” les frais de port à ses clients ?).

Fin 2011, lorsque nous avons confié la distribution en librairie à Pollen, nous avons accepté que nos livres soient mis en avant sur ce site, il nous semblait important que nos livres soient aussi disponibles que possible.

Un jour, en regardant les rapports de vente, nous constatons que la remise de certains livres dépasse largement les 40% (alors que nous accordons plutôt autour de 30% aux libraires).
Du coup, fin juin, nous demandons à notre distributeur de retirer nos livres d’Amazon.

Cela aura pris quelques mois, mais depuis le début 2013 c’est fait. Les quelques livres de Pourpenser que vous pouvez encore trouver sur Amazon proviennent de revendeurs indépendants qui passent par Amazon.

Il y a quelques semaines, nous avons fait le point : en 2012, sur les ventes en librairies, Amazon a représenté à lui seul plus de 22% de nos ventes ! Nous ne pensions pas qu’Amazon était à ce point en position dominante.

Nous faisons le pari que ces 22% retourneront en partie sur le réseau des librairies indépendantes, et sur notre propre site. C’est pour nous une manière de nous sentir plus en cohérence avec nos choix d’indépendance et de soutien au commerce local.

Fin décembre un site anglais (Ethical Consumer) a lancé une campagne de boycott contre Amazon. Certes, les clients peuvent choisir de ne pas aller sur Amazon, mais c’est tout de même nous, éditeurs, qui décidons – ou pas – de mettre nos livres en vente sur tel site ou dans tel réseau de distribution.

Un des nombreux entrepôts d’Amazon – Voir le l’article à ce sujet sur flux et fixe

Je parlais il y a peu de cela avec un confrère éditeur qui me disait : « Je vous comprends, mais moi, je ne peux pas quitter Amazon. Si je fais ça, je coule la maison ».

Nous avons pu quitter le dealer car nous n’étions pas encore dépendants. La vente en librairie représente environ 15% de notre chiffre d’affaires. 22% de 15%, ça reste encore raisonnable. Mais pour de nombreux confrères, les ventes sur Amazon dépassent les 20% de leur CA total. Vous ne pouvez pas dire « adieu » à 20% de votre CA aussi facilement que ça…

Et s’il était là, le noeud du problème ?
N’y aurait-il pas des pistes à étudier pour permettre à des éditeurs qui le souhaitent de sortir de cette « Amazon-addiction » ?

Que serait Amazon sans le contenu fourni par les éditeurs ?
Contenu lui-même créé par les auteur-e-s.
Mais Amazon semble avoir déjà prévu la partie suivante : puisqu’aujourd’hui il s’adresse directement aux auteurs en leur proposant de publier directement en numérique – avec son format propriétaire.

Bref… Nous sommes bien contents d’avoir rapidement coupé les liens avec ce géant et de proposer aujourd’hui un programme adapté aux libraires qui souhaitent nous suivre de plus près.

Editions pour penser à l’endroit – www.pourpenser.fr
Thème : Overlay par Kaira. Hébergement Yunohost
www.pourpenser.fr